sábado, 14 de junio de 2008

Ser bella es obligación feminina

Hier en se promenant, R. trouve un prospectus par terre, qu’elle ramasse et me tend. Il s’agit d’une publicité pour un salon de beauté. Sur la carte se trouve l’adresse du salon, ainsi que la phrase suivante : « Etre belle est une obligation féminine ». Les mots sont tellement choquants que ma première réaction est de rire à gorge déployée. C’est bien la meilleure blague de la soirée. Je décide de garder le fameux papier, dans le but de l’exhiber dans la salle de bain.

Une fois l’instant comique dépassé, j’essaie de comprendre pourquoi ces mots ont fini imprimés sur ce prospectus.

« Etre belle »… Il est bien connu que la définition de la beauté a connu des variations importantes au cours des époques, et varie de manière tout aussi importante selon les cultures. La beauté est également, par définition, subjective. Les autres termes importants dans la construction de la phrase sont « obligation » et « féminine ». Le choix du mot « obligation » est d’une violence inouïe. Une femme qui ne serait pas « belle » (selon quels critères ? Rien n’est précisé…) manquerait donc à son devoir de femme. La beauté masculine est totalement omise. Que faut-il en déduire ? Mystère.

Si la phrase en elle-même est choquante, il faut la replacer dans son contexte, c’est à dire en tant que slogan publicitaire. Il y a fort à parier que la personne - ou le groupe de personne - à l’origine du slogan, c’est à dire ayant l’ayant conçu, après réflexion, soit… une femme. Et s’il y a un pire dans l’histoire, c’est bien cela. Car le machisme le plus féroce est de plus en plus provoqué par la femme elle-même, et non l’homme. La femme contre elle-même. Si on admet l’hypothèse de la femme qui, pour promouvoir son salon de beauté, écrit : « être belle est une obligation féminine », on peut aisément s’imaginer la femme qui se dit, en lisant cette phrase : « tiens, c’est vrai ! Je vais de ce pas prendre rendez-vous pour refaire mes ongles, m’épiler au laser et faire quelques séances UV ».

Je ne me reconnais pas dans la presse féminine, je ne la comprends pas, je ne me retrouve pas dans les thèmes abordés, et encore moins dans la manière de les traiter. Il m’arrive souvent, pour rire, de commencer ma phrase par « J’ai lu dans l’Cosmo que… ». Il y a de cela quelques semaines, j’ai eu l’opportunité de lire ce fameux Cosmo : sur ma table d’hôtel trônait un exemplaire du magasine. Dévorée par l’ennui, je me suis mise à le parcourir. Au final, au lieu de me divertir, cela m’a quelque peu attristée. Car le monde des magasines féminins est férocement conservateur. Il véhicule des idées machistes et conformistes.

Moi, je revendique le droit d’être moche, qui est un droit universel, sans distinction de genre, de race, d’âge ou de confession religieuse.

5 comentarios:

kaotika_amelie dijo...

Et aussi, toutes les lesbiennes sont moches.

Anónimo dijo...

c marrant, g eu la meme reaction par rapport a 'il faut souffrir pour etre belle'. Est ce que les moches, de nos jours, 'doivent' passer sur le billard, ca rejoindrait ton slogan.c'est une obligation apres tout.

soyons moches et surtout poilues. je men vais ecrire l'hymne a la moustache.

ps:au niveau du Cosmo, je n'en dirai pas tant. Peut etre as tu besoin que je te rafraichisse la memoire?!

Anónimo dijo...

faut pas etre einstein pour ecrire des commentaires

H. dijo...

Poilues...mais sous les bras ça pue! hahahaaaaaaaaa
Un hymne à la moustache féminine? Pourquoi pas! Je serais ravie de lire ça!

Mais qui es tu donc, mystérieuse (je déduis qu'il s'agit d'une femme) "Prof"?

Anónimo dijo...

ma chère h. je te reconnais bien là, et moi avec...j'adhère à fond et encore plus en ce qui concerne la presse féminine...il est d'ailleurs étrange de constater que lorsque tu affirmes, devant un auditoire majoritairement féminin, ne jamais lire cette presse, on te croit difficilement, considérant en quelques sortes que TOUTES les filles lisent des magazines féminins, mais que certaines s'en cachent ou ne l'assument pas. C'est un peu comme pour la presse people d'ailleurs.
Lorsqu'il m'arrive de feuilleter ce genre de revue, dans une salle d'attente ou sur le canapé d'une copine, je trouve ça horriblement culpabilisateur...Sans parler du moule dans lequel il faut rentrer absolument pour être une vraie femme moderne. Le pire, c'est que ce message doit peser bien lourd sur les épaules de certaine de nos semblables, a fortiori les ados, qui, loin de ressembler aux mannequins et d'en avoir le porte monnaie (as-tu preté attention aux prix des articles promus dans ces torchons? c'est d'un élitisme rare !) doivent se sentir bien mal dans leur peau...
comment ne pas s'offusquer d'une telle machine à gommer les différences, à standardiser la femme, à imposer quoi porter quoi penser quoi manger comment aimer ? quelle violence !
bien sur, il n'est pas critiquable d'etre féminine, voire sophistiquée, mais ce doit être avant tout un plaisir pour soi
bon voilà j'avais juste envie de réagir