miércoles, 18 de marzo de 2009

belote et rebelote et dix de der

Et aujourd'hui est tombée une nouvelle tête...

domingo, 15 de marzo de 2009

Pour toi D., pour tes mots et tes dictionnaires!

Es justa la alegría de los lexicólogos y de los editores cuando aparecen, al son de los tambores y trompetas de la publicidad, anunciándonos la entrada de unos cuantos millares de palabras nuevas en sus diccionarios. Con el paso del tiempo, la lengua va perdiendo y ganando, se vuelve, cada día que pasa, simultáneamente más rica y más pobre : las palabras viejas, cansadas, fuera de uso, apenas resisten la frenética agitación de las palabras recién llegadas, y acaban por caer en una especie de limbo donde permanecen a la espera de la muerte definitiva o, en el mejor de los casos, del toque de la varita mágica de un erudito obsesivo o de un curioso ocasional, quienes de esta manera les darán todavía un breve destello de vida, un suplemento de precaria existencia, una última esperanza. El diccionario, imagen ordenada del mundo, se construye y se desenvuelve sobre tantísimas palabras que vivieron una vida plena, después envejecieron y languidecieron, primero generadas, después generadoras, como lo fueron los hombres y la mujeres que las hicieron nacer y de las que vendrán a ser, a su vez, y de modo simultáneo, señores y siervos.

José Saramago



Les lexicologues et les éditeurs se réjouissent à juste titre lorsqu’ils viennent nous annoncer, au son des tambours et des trompettes de la publicité, l’entrée de quelques milliers de mots nouveaux dans leurs dictionnaires. Avec le temps qui passe, la langue perd et gagne, et de jour en jour, s’enrichit et s’appauvrit simultanément : les mots vieux, fatigués, hors d’usage, résistent péniblement à l’agitation frénétique des mots nouveaux venus, et finissent par tomber dans des sortes de limbes où ils demeurent dans l’attente de la mort définitive, ou bien, dans le meilleur des cas, dans celle du coup de baguette magique d’un érudit maniaque ou d’un curieux occasionnel, qui ainsi leur donneront encore un bref éclair de vie, un supplément d’existence précaire, un dernier espoir. Le dictionnaire, image ordonnée du monde, se construit et se déploie sur tant et tant de mots qui ont vécu une vie pleine, puis ont vieilli et langui, d’abord générés, ensuite géniteurs, comme l’ont été les hommes et les femmes qui leur ont donné naissance et qui deviendront, à leur tour et en même temps, leurs maîtres et esclaves.

José Saramago

jueves, 12 de marzo de 2009

Belfast....

Je suis tellement loin maintenant...Je dois t'avouer que les derniers temps je n'ai pas beaucoup pensé à toi, Belfast...Mais quand je lis que le sang recommence à couler, ça me fait une grosse boule dans la gorge, et les souvenirs reviennent comme des flèches.

Je me rappelle mes expéditions sur Falls Road et le défilés des charts des CrimeStoppers qui glacent le sang






Je repense aux gamins qui sur le chemin de l'école longent le mur de séparation du quartier protestant et du quartier catholique. Et à ces mêmes gamins, qui pendant les vacances s'amusent à jetter des pierres de l'autre côté du mur...








Je revis l'athmosphère glaciale qui règne dans tes rues, et me revient au travers de la gorge le goût amer de ta Guinness.






Je repense à ma rencontre avec des anciens prisonniers de l'IRA, parce que ce genre de rencontre marque pour toujours. Je repense à cette messe orangiste, à ce discours intégriste et terrifiant que j'ai du entendre. Je pense à ces milliers de photos que j'ai dans la tête mais qui ne pourront jamais apparaître sur ce blog.

Et je repense également à tous ces messages d'espoirs, cet espoir immense d'un jour vivre en paix. Je repense à ce que j'ai senti en voyant pour la première fois cette Peace Statue.








Belfast I love you but you're breaking my heart....

martes, 10 de marzo de 2009

Mai 68

Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n'empêcheront pas la venue du printemps

viernes, 6 de marzo de 2009

lunes, 2 de marzo de 2009

"Maintenant je sais pourquoi" ou La valse des fils de pute

Ca fait deux semaines que je sens venir le truc. Ils vont la virer, ou plutôt, il vont la faire partir.

« Volontairement »

Car ils sont malins, très malins.

B., ma chère B., je te connais à peine, mais tu es une des personnes que je préfère ici.

J’aurais dû t’en parler avant. Mais bon, ça n’aurait absolument rien changé.

Derrière ton dos ont défilés réunions d’organisation, épluchages de CVs, entretiens avec ceux qui paraissaient les plus requins.

Aujourd’hui, devant toi, elle est entrée, elle, celle qui allait te remplacer. Tu l’as bien vue, grande, élégante, polie - bien trop polie à mon goût. Elle ne t’as pas adressé un regard, évidemment. Alors forcément, tu as senti venir quelque chose.

Ils se sont installés dans la salle à côté de ton bureau. Je me suis risquée à te parler, par tâtonnement, pour que tu te prépares.

Tu ne disais rien. Puis tu as murmuré dans un souffle : "ca fait une semaine que je ne dors plus, maintenant je sais pourquoi".

La fille et le boss sont sortis. La fille a pris congé. Le boss est revenu avec son magnifique, son superbe : « We have to talk ». Ton naturel, spontané, dégagé, presque guilleret. B. se met à pleurer. « oh, no, please don’t you cry. You know we don’t want you to leave. We just need somebody a bit more…commercially active”. J’assiste à toute la scène, évidemment je suis de trop. Ils décident de passer dans la pièce à côté. Y flotte encore le parfum de la favorite.

5 minutes plus tard, ils ressortent des lieux de la trahison. B. rassemble quelques biens personnels tout en me grommelant quelques anecdotes qui ne font que confirmer ma répulsion pour cet endroit sordide, cette hypocrisie sublime pour laquelle je travaille. Nous échangeons nos numéros de téléphone, presque en secret. Nous avons, je crois, beaucoup de choses à nous dire.

B. s’en va.

Silence.

J’entend le boss rire avec son bras droit, pilier fidèle d’une blondeur candide, qui a l’apparence d’un petit agneau doux et inoffensif. Vraiment je pense que ça baise bien dans le bureau de la direction.

Moi, je ne peux pas travailler, je ne peux pas me concentrer. Je n’en ai aucune envie.

Ca baise à tout va, dopés qu'ils sont par leur sentiment de pouvoir, de grandeur, de puissance. Ca chante, ça trinque, blink! Ca rit, hop on s'en ressert un ptit coup, et puis soudain ça se met à se branler en lévitation. Ca virevolte, enivrés qu'ils sont, par leur propre réussite, admirant leur entreprise jeune, dynamique, en rapide expansion. Et ça pense aux petits pantins écorchés. Ensanglantés. Et ça gémit de plaisir.

Stratégie d'entreprise porteuse.

Et moi je reste comme une imbécile devant mon ordinateur.