martes, 28 de octubre de 2008

Hay dos maneras de luchar contra el insomnio: aceptarlo o forrarse a pastillas. La segunda está al alcance de cualquiera que tenga un amigo médico; la primera, forma parte de la escuela de la vida y, como ocurre cuando está por medio la pasión de los fuertes – mirarse para adentro -, aporta una capacitad de exploración no desdeñable y unas interesantes ojeras. No dormir no siempre constituye un signo de desequilibrio. Sucede que uno medita y así, de pensamiento, llegan las noches blancas, donde la mente habita todo el cuerpo. Mis insomnios, frecuentes ya, y amigos, no le dan a mis miembros la capacidad de convertir esas horas de trabajo. Por el contrario, se quedan, perezosos, varados en la esquina de la cama, tomando por su cuenta la parte de descanso que no quiero darles, relajándose en las muchas posturas que la horizontalidad permite. Así, dejando pasar las horas sin angustia – porque cada noche no es la última de ayer, sino la primera del futuro -, he aprendido a reconocer las voces.
Crujen los cables eléctricos, las junturas de los muebles, las zonas huecas debajo de la moqueta, charlan las cañerías entre sí. De repente, en una estantería, un libro hace plaf, y yo, desde mi puesto placentero de vigilia, sé exactamente qué volumen cayó y hacia qué parte, porque mi yo diurno registró, sin saberlo, la falla que existía entre dos títulos. De noche y con insomnio eres dueña de todo y de nada, te mueves en el borde de la mitad del mundo, en la mitad del cielo y del infierno.

Maruja Torres

6 comentarios:

kaotika_amelie dijo...

Es un punto de vista interesante. Y la experiencia de una escritora "nada desdeñable".

¿Dónde lo encontraste?

Anónimo dijo...

irfff;...Y'a t-il une traduction disponible??!!

Bisous,

Korin

H. dijo...

Atsj..es un texto que tengo que traducir. Me gusta bastante.

Korkin, si y'a une traduction disponible, car c'est un exercice queje devais faire...mais je te préviens la traduction est assez mauvaise...bon je balance:

Il y a deux façons de lutter contre l’insomnie : l’accepter ou se gaver de pastilles. La seconde est à la portée de tout un chacun ayant pour ami un médecin; la première fait partie de l’Ecole de la vie, et comme elle s’inscrit dans la passion des plus forts – s’observer de l’intérieur-, elle apporte une capacité d’exploration non méprisable et d’intéressantes oreilles. Ne pas dormir ne constitue pas toujours un signe de deséquilibre. Il se trouve qu’on médite et ainsi, à penser, arrivent les nuits blanches, durant lesquelles l’esprit habite tout le corps. Mes insomnies, déjà fréquentes et amies, ne donnent pas à mes membres la capacité de convertir ces heures en travail. Au contraire, ils restent, paresseux, échoués dans le coin du lit, s’offrant la partie de repos que je ne veux pas leur donner, se relaxant dans les nombreuses postures que l’horizontalité permet. Ainsi, laissant passer les heures sans angoisse – car chaque nuit n’est pas la dernière de la veille, mais bien la première de l’avenir -, j’ai appris à reconnaître les voix.
Se croisent les cables électriques, les jontures des meubles, les renfoncements sous la moquette, et les canalisations qui discutent entre elles. Soudain, sur une étagère, un livre fait boom, et moi, depuis mon poste savoureux de vigilance, je sais exactement quel volume est tombé, et sur quel côté, parce que mon diurne a enregistré, sans le savoir, la faille qui existait entre deux titres. La nuit, en insomnie tu es maître de tout et de rien, tu bouges sur le bord de la moitié du monde, la moitié du ciel et de l’enfer.

Anónimo dijo...

Pitain merci!!!

Il est trop bien ce texte!
C'est de qui?

Anónimo dijo...

Belle analogie du paradoxe intrinsèque nous constituant!!!
Et cessons de tout regarder par la lucarne psychopathologisant le moindre petit écart par rapport à la norme, les comportements individuels qui semblent s'éloigner de la santé! Surtout soyons bien en forme, n'oublions de nous délecter de nos 5 fruits et légumes quotidiens (dégoulinants de pesticides, engrais et autres saloperies qui corrodent notre fragile intérieur, à moins d'avoir l'aisance financière permettant une consommation exclusivement biologique et naturelle), dormons correctement 7-8h par nuit à heures régulières pour ne surtout pas perturber notre rythme circadien, garantie d'un bon équilibre psycho-physiologique. Que diable!!! Chaque homme a ses besoins propres, ses ressources particulières et le manque ou le défaut n'est pas nécessairement synonyme de négativité ni de mal, mais peut également être une expérience riche d'enseignement, l'exercice de notre formidable faculté qu'est la pensée, qui nous amène également à la connaissance de soi et au repoussement de nos limites.
Cette nuit enveloppée dans l'éveil,
absolument rien,
absolument tout.

H. dijo...

Presque un mois plus tard je découvre ce commentaire d'un inconnu dont j'ai tout de suite démasqué l'identité. Une plume qui m'est bien familière.
Merci pour ce petit morceau de prose fort intéressant et tout à fait délectable à la lecture.
H.